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27 janvier 2026 - Communiqué de presse

L’eau n’est pas à l’origine de la crise agricole et ne peut en devenir la victime collatérale : le moratoire n’est pas la solution !

Un tiers des 33 0000 captages d’eau potable alimentant la population française est aujourd'hui confronté à des pollutions, les exposant à un risque de fermeture. Chaque été, des milliers de communes, rurales comme urbaines, font face à des ruptures d’alimentation en eau potable du fait de la raréfaction de la ressource.

La proposition gouvernementale d’un moratoire et d’une possible dérégulation de l’eau pour le monde agricole ne résoudrait en rien la crise agricole actuelle. Elles entraîneraient plutôt une explosion de la facture d’eau, mettraient en danger la santé des Français et provoqueraient à terme une crise hydrique majeure pour le pays.

Les associations de collectivités appellent le gouvernement à se doter d’une véritable politique de protection des ressources en eau, fondée non sur des passe-droits totalement contre-productifs, mais sur un accompagnement financier structuré du monde agricole, en partenariat avec les territoires, afin d’en garantir la pérennité.


Moratoire et dérégulation : une réponse hors sujet et dangereuse 

Si les collectivités souhaitent apporter tout leur soutien au monde agricole, et en particulier aux activités d’élevage touchées par l'épidémie de dermatose nodulaire et par les conséquences des accords de libre-échange comme le Mercosur, elles s’opposent fermement à tout moratoire sur les discussions en cours sur le renforcement de la politique de l'eau. Ces échanges sont indispensables pour favoriser les économies d’eau pour en assurer sa disponibilité et lutter contre les pollutions des ressources, de plus en plus menacées par le dérèglement climatique et les surconsommations d’eau. 

 

En 2022, plus d’un millier de communes ont dû mettre en place des mesures dérogatoires pour assurer l’approvisionnement de leurs habitants en raison de ruptures, tandis qu’un millier était proche de la rupture. Chaque année, plus de 100 captages d’eau sont fermés pour cause de pollution de l’eau, principalement liées aux pesticides. A terme, ce sont près de 10 000 captages alimentant des millions d’habitants en eau potable qui sont menacés par ces pollutions. 

 

Exonérer le monde agricole, comme d’autres acteurs, des efforts nécessaires de sobriété hydrique et de limitation de l'usage des pesticides, à l’origine de la plupart des non conformités en eau potable, ne serait d'aucune aide pour les éleveurs français.  
Pire encore, c’est un cadeau empoisonné. L’absence d’une politique ambitieuse et courageuse de protection quantitative et qualitative des ressources aurait un impact considérable sur la facture d’eau des Français, avec une potentielle augmentation de 25 à 50 % dans les prochaines années.  

C’est aussi l’avenir de nombreuses activités économiques dépendantes d'un accès à l’eau en qualité et quantité satisfaisante qui serait menacées, au premier rang desquels l'agriculture et l’agro-alimentaire eux-mêmes.

 

Les collectivités appellent l’Etat à se donner enfin les moyens d'une politique de l’eau à la hauteur des enjeux généralisant les bonnes pratiques

Les collectivités s’investissent déjà localement dans un travail de collaboration avec le monde agricole, mais aussi avec les autres acteurs économiques et les populations. Depuis de nombreuses années, des résultats positifs sont obtenus en termes de sobriété hydrique et de réduction des pollutions grâce à des approches basées sur le volontariat. 

 

Plutôt qu’un moratoire mortifère, les collectivités appellent au contraire à accélérer les concertations en cours pour fixer un cadre réglementaire précis visant à mieux partager les ressources en eau et réduire les pollutions. Les démarches volontaires doivent être généralisées tout en clarifiant les contraintes et responsabilités de chacun. Les collectivités locales en charge de la gestion de l’eau et les 67 millions d’usagers du service public ne peuvent être les victimes d’une agriculture en détresse. 


 

Les collectivités demandent l’ouverture de négociations sur les conditions d’accompagnement financier des acteurs de l’eau, revendications portées depuis des mois par les élus locaux et représentants du monde agricole, afin que ces derniers soient compensés de leurs efforts en matière de transition écologique. 

 

La souveraineté alimentaire de la France passe en priorité par la préservation de notre ressource la plus vitale : l’eau !

 

Contact presse 

Julia INGRASSIA – jingrassia@amorce.asso.fr