26 mai 2026 - Communiqué de presse
Fausse consigne plastique : les collectivités appellent le Président de la République et le Premier Ministre à défendre la réduction des plastiques et le pouvoir d’achat des Français
Mardi 19 mai 2026, à l’occasion du Conseil de planification écologique, Emmanuel Macron a une nouvelle fois pris position pour la mise en place, au plus vite, de la fausse consigne pour recyclage des bouteilles plastiques jetables, inventée de toute pièce à l’échelle européenne par les industriels de la bouteille plastique à usage unique (Nestlé Waters et Coca Cola en tête) … pour en vendre davantage ! Les associations de collectivités mais aussi, les associations de consommateurs, les ONG environnementales, les acteurs économiques du recyclage ou encore le commerce de proximité ont plusieurs fois dénoncé dans le passé cette absurdité environnementale, économique et sociale, qui participe au développement plutôt qu’à la réduction du plastique jetable, coûtera cher aux consommateurs et compliquera inutilement leur geste de tri. Dernière contre-vérité : Représentant moins de 15% des emballages plastiques et étant déjà recyclées à 60%, les bouteilles plastiques n’ont quasiment aucun impact sur la taxe de 1,5 milliards d’euros payée par la France !
En effet, les bouteilles plastiques ne représentent que 15% des emballages plastiques et est sans conteste l’emballage le mieux recyclé (60 %) quand les autres emballages plastiques plafonnent à 15 %. 92 % de cette taxe plastique sur les emballages plastiques sont donc payés pour des emballages plastiques qui ne sont pas des bouteilles.
Toujours sur le plan économique, la mise en place d’un système de fausse consigne coûterait selon les scénarios entre 1 et 1,5 milliards d’euros en équipement, payé in fine par les consommateurs qui paient déjà dans leurs impôts locaux et dans le prix de leurs emballages le coût de la collecte sélective pour tous les emballages. Pourquoi payer 20 cts d’euros sur chaque bouteille pour une collecte sélective en doublon avec le bac jaune ? D’ailleurs, les bouteilles consignées – non rapportées – rapporteraient 250 à 500 millions d'euros par an aux industriels des eaux et boissons sur le dos des consommateurs !
Sur le plan environnemental, et même en termes de matière première, cette fausse consigne pour recyclage des bouteilles jetables aurait un bénéfice négligeable (moins de 100 000 tonnes) sur les 4,5 millions de tonnes de déchets plastiques dont 2 millions de tonnes de produits en plastique en fin de vie et 2,4 millions de tonnes d'emballages ménagers et professionnels. Pire, elle fera croire au Français que la consommation d’eau et boissons en bouteille en plastique jetable est écologique et favoriserait leur développement plutôt que leur division par deux, pourtant votée dans la loi AGEC. Les pays qui ont mis en place la fausse consigne ont ainsi vu leur gisement de bouteilles plastiques continuer d’augmenter et même remplacer pour partie les bouteilles en verre comme en Allemagne. Un comble !
Au-delà d’un bénéfice économique et environnemental plus que douteux, la fausse consigne compliquerait également la vie des Français en complexifiant le geste de tri …alors que la France vient de dépenser des milliards pour le simplifier en permettant depuis 3 ans de mettre tous les emballages dans le seul bac jaune ! Le geste de tri serait aussi plus contraignant. Il faudrait que tous les Français se déplacent et fassent la queue en supermarché pour trier ces bouteilles au lieu de les mettre simplement dans le bac jaune chez soi ou à proximité sous peine de perdre 20 cts d’euros par bouteille !
Alors que les Français attendent un plan plastique qui permettrait de consommer moins de plastique et faciliter le réemploi et le tri, sans impact sur leur pouvoir d’achat, la fausse consigne propose exactement l’inverse, à savoir payer plus cher et compliquer le tri, pour permettre aux multinationales des eaux et boissons de vendre davantage de bouteilles en plastique jetable en donnant bonne conscience aux consommateurs !
Alors que le Ministre de la Transition écologique a convoqué les parties prenantes ce jeudi 28 mai après-midi pour une réunion de travail, les collectivités appellent le Premier Ministre à prendre personnellement le dossier en main et à se désolidariser du lobby des eaux et boissons en bouteille en plastique jetable et à défendre les intérêts des Français (pouvoir d’achat, geste de tri, réduction des plastiques jetables), mais aussi de très nombreuses activités économiques, en portant une vraie ambition de réduction et de recyclage sur tous les plastiques. Elles l’appellent à mettre en œuvre les mesures qu’elles ont proposées depuis le vote de la loi AGEC et à porter la voix d’une écologie de bon sens et économe, quitte à porter la contradiction à l’Europe, pour réduire et recycler globalement tous les emballages et produits en plastiques plutôt que de dépenser 1 milliards d’euros sur le dos des ménages pour récupérer seulement 0,2 % des 5 millions de tonnes de déchets plastiques, dans une formidable entreprise de greenwashing à l’échelle européenne.
Contact presse :
Julia Ingrassia - jingrassia@amorce.asso.fr