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COP 21 : entre ambition et scepticisme…

4 septembre 2015

A moins de 4 mois de l’ouverture de la Conférence des Parties des Nations Unies pour le Climat de Paris (COP 21), il est bien difficile de savoir si les ambitions proclamées par de nombreux pays et la volonté affichée de la France de débloquer la situation après l’échec des négociations de Copenhague en 2012, vont aboutir à un accord international contraignant permettant de limiter la hausse de la température moyenne de la planète à 2 degré d’ici 2023, l’objectif minimal fixé par le Groupement d’expert intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC) dans son 5ème rapport publié en 2014.

 

Rappel des épisodes précédents

En 1992, le premier sommet de la Terre à Rio voit la création de la Convention cadre des nations unies contre le changement climatique qui établit les principes de lutte contre le changement climatique, un objectif de stabilisation des émissions au niveau de 1990, des engagements bases d’un cadre annuel de négociation mais sans objectif contraignant.

En 1997, le protocole de Kyoto établit un objectif de réduction des émissions d’au moins 5% entre 1990 et 2012 et introduit des règles de fonctionnement plus opérationnelles et pour la première fois des objectifs individuels indicatifs par pays ou par zone (-8% pour la zone euro). Ce protocole n’entre finalement en vigueur qu’en 2005 et plusieurs grandes puissances économiques (Etats Unis, Chine, …) refusent alors de s’y assujettir.

En 2012, la COP15 de Copenhague qui doit définir un nouveau protocole pour la période post 2012 est un échec. Depuis, chaque conférence des parties cherche à établir les bases d’un nouvel accord mondial.

 

Eléments de contexte pour la COP21

Le Président de la République a clairement fait de la COP21 de Paris qui se déroulera du 30 novembre au 11 décembre, une priorité de son mandat. Plus récemment, la Chine s’est officiellement engagée à stabiliser ses émissions d’ici 2030 et, plus récemment encore, le Président des Etats Unis a dévoilé un plan de réduction de 32% des émissions de GES d’ici 2030.  Pour autant, la conjoncture économique mondiale et les échecs précédents  invitent actuellement les négociateurs et les ONG à la plus grande prudence sur un accord ratifié par l’ensemble des parties qui définirait de manière très opérationnelle des objectifs individuels engageants (pour ne pas dire contraignants) et qui permettrait de limiter à deux degrés la hausse potentielle de la température d’ici la fin du siècle

Dans cet environnement complexe, les collectivités territoriales émergent comme des acteurs susceptibles de porter des politiques ambitieuses de lutte contre le changement climatique, désormais appelé dérèglement climatique. L’engagement de certaines villes américaines après la non ratification du protocole de Kyoto des Etats Unis, la création de la convention des maires pour la lutte contre le changement climatique qui rassemble aujourd’hui plus de 6000 signataires à l’échelle européenne, l’organisation début juillet à Lyon du premier sommet Climat et Territoires et l’élaboration d’un document d’engagements des représentants des collectivités à l’échelle internationale en vue de la COP21 sont autant de signes confirmant le rôle majeurs que jouent celles-ci dans la construction d’une politique planétaire de lutte contre le dérèglement climatique.

 

AMORCE et la COP

AMORCE s’appuie principalement sur des réseaux européens (Energie Cities, EuroHeat and Power, Municipal Waste Europe et ACRplus) pour défendre les positions et les propositions des collectivités territoriales.

Elle participera également à l’action collective organisée par la plupart des associations de collectivités dans le cadre de l’opération Solutions COP21 qui aura lieu au Grand Palais à Paris pendant la négociation et qui vise à mettre en valeur des actions concrètes en faveur de la lutte contre le dérèglement climatique.

A l’inverse, notre proposition d’organiser des «  COP décentralisée entre collectivités jumelées  » , sur le modèle du débat décentralisé sur la transition énergétique n’a pas été retenue par le cabinet du Président de la République.

En revanche, les prochaines Rencontres Nationales des Réseaux de Chaleur d’AMORCE qui auront également lieu pendant les négociations viennent d’être labellisées «  COP21  » . Nous avons également sensibilisé le cabinet de la Ministre de l’Environnement sur l’importance de la gestion des déchets sur les enjeux climatiques, alors que la thématique est très rarement mise en avant.

Bien que la COP21 soit éloignée des missions très pragmatiques qu’assure AMORCE pour ses adhérents, il nous a semblé important qu’AMORCE puisse valoriser son travail et utiliser la COP21 pour faire valoir les positions des collectivités territoriales françaises et de leurs partenaires.

Nous vous tiendrons informé sur ce grand événement de la fin de l’année dans nos prochaines Lettres aux adhérents.

▶ Actualité extraite de la lettre aux adhérents d'août 2015