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COP21… Entre enthousiasme et prudence

30 décembre 2015

Après deux semaines de négociations (ou plutôt après deux années), les 192 Etats de la planète ont donc finalement conclu ce qui sera désormais appelé “l’Accord de Paris”.

Avant d’aborder le contenu de cet accord, on retiendra d’abord la très forte mobilisation au Bourget et au Grand Palais, malgré les récents attentats, et l’atmosphère extrême constructive et l’engagement des acteurs non étatiques (associations, collectivités territoriales…). AMORCE aura ainsi eu l’occasion de participer à des plateaux TV (sur l’économie circulaire, la transition énergétique territoriale, ou encore les REP…), d’organiser une conférence sur la précarité énergétique, de participer à un séminaire international organisé par le Ministère des Affaires étrangères sur la coopération décentralisée en matière de gestion des déchets, et de mettre en valeur les retours d’expériences de ses adhérents en matière de gestion des déchets, de  territoires à énergie positive ou de développent de réseaux de chaleur.

En ce qui concerne le contenu de l’Accord de Paris, après une lecture assidue des 40 pages du document, il faut effectivement saluer l’acte politique majeur des 192 pays de la planète qui s’accordent sur la gravité de la situation climatique, avec des conséquences en particulier sur les pays pauvres, et sur la nécessité de limiter la hausse de la température moyenne à 2°C (avec la volonté de tendre vers un objectif de -1, 5°C),   en s’appuyant sur les contributions de la quasi-totalité des états de la planète ayant présenté leurs contributions. On retiendra également l’engagement d’une mobilisation d’un fonds de 100 milliards d’euros en faveur des pays impactés par le changement climatique, le principe d’une revoyure tous les 5 ans pour faire le point des contributions et des objectifs, la mise en place d’un groupe d’expert indépendants chargé d’évaluer la mise en oeuvre des engagements.

Néanmoins, on constate factuellement que les contributions actuelles des Etats ne permettent que de limiter à 3°C la hausse des températures. Et surtout, le niveau de contrainte de l’Accord,   en terme de programme d’action comme de financement, reste faible, avec des objectifs à très longue échéance.

En conclusion, l’Accord de Paris relance une dynamique mondiale qui avait été  mise à mal à Copenhague, mais n’offre que peu de garanties sur l’atteinte de l’objectif de limitation de la température à 2°C à terme… Ce sera donc sans doute aux collectivités territoriales de montrer une nouvelle fois la voie en atteignant les objectifs chiffrés établis dans leurs Plans Climat Air Energie et leurs Schémas Air Energie Climat d’ici 2020.

▶ Actualité extraite de la lettre aux adhérents de décembre 2015